Impossible n'est décidément pas français
CARDIFF, 7 octobre - Huit ans après Twickenham, le XV de France a réussi à ajouter de nouvelles lignes glorieuses à son livre d’histoire, et ce sont à nouveau les malheureux All Blacks qui en font les frais.
En effet, il semblait avant le match que seul un miracle pouvait avoir raison des terribles Néo-Zélandais, tant leur domination sur la planète ovale était assise depuis plusieurs années.
Pourtant la victoire des Bleus, acquise au terme d’une deuxième période remarquable d’intensité défensive et de discipline, n’a rien de miraculeuse.
Ping-pong infructueux
Le choix du sélectionneur Bernard Laporte de titulariser le jeune Lionel Beauxis à l’ouverture et Damien Traille à l’arrière avait le mérite d’être ambitieux sur le papier. Mais sur le terrain, les choses mirent du temps à se mettre en place. En première mi-temps, la rencontre se résumait à un mano à mano entre ce duo et leur équivalent néo-zélandais Dan Carter – Leon Macdonald.
Le capitaine des All Blacks, Richie McCaw n’imaginait pas un tel scénario : « En première mi-temps ils nous ont forcés à jouer une partie de ping-pong au pied, on ne voulait pas jouer de cette façon. »
Malheureusement pour les Bleus, cette tactique avait pour inconvénient de laisser la possession aux Néo-Zélandais (72% au final), qui avaient tout le loisir de laisser exprimer leur talent offensif et se retrouvaient ainsi à mener 13-0 après deux pénalité de Dan Carter et un essai du jeune Luke McAlister.
Le capitaine français Raphael Ibanez résumait ainsi la première mi-temps : « Ca a été un combat de tous les instants, beaucoup d’engagement physique de part et d’autres. Et puis quand les Blacks ont engagé le jeu, on a eu du mal. On a eu 10-15 minutes vraiment difficiles. »
A la mi-temps, la nuit galloise porte conseil
Dos au mur et menée 13 à 3, la France est revenue des vestiaires avec de tout autres intentions et leurs efforts payèrent d’entrée, comme le souligne Bernard Laporte.
« Dans le premier quart d’heure de la seconde mi-temps, ils étaient moins précis. On se disait continuons de monter, continuons d’aller les chercher parce qu’eux aussi commencent à avoir un jeu au pied approximatif, eux aussi commencent à faire des fautes. Il fallait continuer. »
L’exclusion temporaire de Luke McAlister faisait le plus grand bien aux Français qui profitèrent de ces 10 minutes pour revenir à hauteur au tableau d’affichage grâce au pied de Beauxis et à un essai du Flanker Thierry Dusautoir.
Festival défensif
La sortie de Carter sur blessure n’arrangea pas les affaires de la Nouvelle-Zélande, confrontée à un tout autre XV de France renforcé par les entrées de Szarzewski, Poux et Chabal. La démonstration défensive pouvait alors commencer, les placages se succèdèrent pour arriver à un total de 178 au final.
Après l’essai de Rodney So’Oialo, la France eut le mérite de repartir à l’attaque sans se désunir, et finalement la percée de Frédéric Michalak sur son premier ballon permettait à Yannick Jauzion de donner l’avantage décisif à la France.
Le sélectionneur néo-zélandais Graham Henry regrettait ces occasions manquées :
« Dans la dernière demi-heure, nous avons des opportunités et nous perdons le ballon. Nous dominions longuement sans parvenir à concrétiser cela au tableau d’affichage. La France a remarquablement défendu. Ils ont su jouer avec passion. »
Contre toute attente, les regards Bleus se tournent alors vers Saint-Denis, où la France retrouvera l’Angleterre en demi-finale le 13 octobre, où les Français espéreront ne pas refermer l’album de leur Coupe du monde, qui quoi qu’il arrive sera rempli de souvenirs inoubliables.